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Publié : 5 mai

MARIN KARMITZ A ELBEUF

Lundi 24 avril, en soirée, des élèves des deux sections STMG-« clap » (Première et Terminale), de Seconde 3 et de l’Atelier Cinéma se sont rendus à Elbeuf voir un film qui y fut tourné voici plus de quarante ans, Coup pour coup.

MARIN KARMITZ A ELBEUF :

DES ELEVES Y ETAIENT ET EN PARLENT

S’inscrivant dans un contexte post-mai 1968 avec force et originalité (utilisation de la vidéo dès 1972, travail collectif avec des actrices non professionnelles mais connaissant bien le monde industriel que le film décrit), le film déstabilise aujourd’hui encore par son audace et sa bande sonore volontairement cacophonique : c’est de vraies discussions politiques qu’il s’agit ici, d’un mouvement de lutte et d’autonomisation. Une grève ? Pas seulement : ces femmes qui travaillent dans le bruit envahissant et interminable des machines textiles, se demandent comment changer leur vie...

Le réalisateur, producteur célèbre et important de MK2 était présent : les élèves ont pu l’entendre, ce qui dès après la séance relançait l’expérience-spectacle vécue. Avec modestie, générosité et recul, il a évoqué son itinéraire, insisté sur ses collaborations, par exemple avec Samuel Beckett et son travail sur le langage. Il a souligné sa prise de consicence de l’ambiguïté possible en tant qu’intellectuel de prétendre parfois mieux (sa)voir que ceux qui vivent telle situation sociale au quotidien. Et raconté 21 jours de tournage qui virent les amateurs, jouant plus juste, l’emporter sur des réflexes professionnels.

De quelques pistes de réflexion lancées aux élèves, on a ici tiré des propos d’élèves qui prouvent leur réflexion, mais ont de quoi susciter la nôtre.

Entrées alphabétiques, « vrais mots » employés... et discussion entre les élèves reflétées par d’apparentes contradictions qui disent surtout la multiplicité des réceptions et interprétations.

AUJOURD’HUI. « Tout n’a pas changé aujourd’hui... »

AUTONOMIE. « Elles font tout »

BATAILLE. « Ce n’est qu’une bataille, pas toute la guerre »

COLERE. « C’est normal, elles ne sont pas écoutées et on a besoin d’elles »

COULEURS. « le jaune » (banettes, vêtement), « le rouge »...

ESPOIR. « Elles le disent clairement : on a gagné, on va gagner... »

FEMINITE. « Elles restes fémnines tout en étant fortes »

FIN. « C’est une fausse fin », « ce n’est pas terminé »

HISTOIRE. « On dirait un reportage, et en même temps c’est une histoire racontée »

HOMMES. « L’électricien est avec elles, car il est dans la même position qu’elles »

ICI. « Cela ne se passe pas que dans leur entreprise : ça parle de quelque chose de plus général », « on sent qu’il y aura des répercussions ailleurs »

MACHINES. « Elles sont là, même quand elles sont arrêtées », « c’est comme une symphonie répétitive »

PATRON. « A la fin, il est entouré, mais toujours grand », « il a perdu, elles ont gagné »

PLACE DE LA CAMERA. « Marin Karmitz l’a dit : il fallait la mettre à la hauteur des ouvrières »

POUVOIR. « elles peuvent prendre le pouvoir, maintenant »

REALISATEUR. « Ce n’est pas (que) lui qui a fait le film »

SEQUESTRATION (du patron). « Elles vont trop loin... - Non, c’est une revanche »

SON. « Il fallait chercher ce qui se dit... »

UNITE. « Dès le début, elles sont un groupe, mais imposé ; ensuite, la solidarité progresse »

VICTOIRE. « la victoire n’est pas sûre, mais ils... elles sont organisées », « elles ont partiellement obtenu ce qu’elles voulaient », « c’est pas terminé : les filles sont toujours licenciées... »

VIOLENCE. « Dans la réalité, ç’aurait été pire... »

VIE. « Le film parle de la vie au travail ; mais finalement il n’y a plus de barrières entre les deux »

A la question de « l’image spontanément qui revient ou reste à l’esprit une fois le film fini », il y a presque autant de réponses que de spectateurs ou spectatrices.

A celle de savoir si la fin incarne un optimiste élan ou suggère des lendemains qui pourraient bien déchanter, le spectre des interprétations s’avère des plus vastes, et ce sont des jeunes gens de 2017 qui pensent et parlent.

Des chansons rythment et ponctuent le film, certaines datant de 1936, d’autres de 1972, d’autres encore carrément inventées. Et dans le car qui revient à Louviers, les élèves font ce qu’ils font souvent dans ce genre de situation, mais ici c’est aussi le film qui continue : ils discutent et ils chantent.